L’éloge de la lenteur… quand elle nous révèle
Les moments partagés, avant ou après nos cours, sont souvent riches en surprises. C’est dans ces échanges que l’on comprend, à travers les mots de nos élèves, à quel point notre message fait écho.
L’autre soir, après un cours de Tai Chi où l’on s’appliquait à dérouler la forme des 24 postures – avec cette lenteur si caractéristique – un élève de Stretching Postural, qui nous observait, est entré dans le vestiaire avec un commentaire délicieux : « Ça me fait tout bizarre de les voir ‘s’agiter tout doucement’ ! » Une autre élève, fraîchement sortie de la pratique, a répliqué avec un sourire : « C’est exactement ça, la recherche : créer le mouvement lent. »
C’est vrai, cette lenteur est souvent la première chose que l’on remarque dans le Tai Chi. Et parfois, soyons honnêtes, c’est aussi ce qui peut freiner certains : « Le Tai Chi, c’est trop lent pour moi ! » On l’entend souvent
La Lenteur : Quand elle devient une évidence
Le Tai Chi est un art corporel interne, un peu comme une danse où chaque geste répond à des principes précis. On y cherche d’abord la posture, pour donner un cadre au mouvement. Puis l’intention, pour que chaque geste parte de notre centre. Le rythme, lui, est dicté par notre respiration. Et c’est là que la magie opère : la circulation du Chi, cette énergie vitale, nous aide à lier le tout, à nous déployer dans le mouvement et à soutenir notre souffle.
Dans les enchaînements, on explore l’équilibre entre les bras et les jambes, la continuité fluide du mouvement. Progressivement, on apprend à détendre nos muscles, nos tendons, nos articulations. Et grâce à cet apprentissage, le mouvement devient naturellement plus souple, plus fluide. La respiration s’apaise, prend plus d’amplitude… et le rythme de l’enchaînement des postures se ralentit tout seul.
Alors oui, la lenteur n’est pas un but en soi, c’est une merveilleuse conséquence de la pratique ! Elle s’adapte à chacun, qu’on pratique seul.e ou en groupe.
D’autres chemins vers la même recherche
Cette quête de la présence et du mouvement juste ne se limite pas au Tai Chi. D’autres activités que nous proposons y contribuent à leur manière.
Le Stretching Postural® méthode Moreau par exemple, est un allié précieux. On y passe d’une ‘position’ à une véritable ‘posture’ en utilisant un « moyen ». La voix du praticien nous guide, notre intention se précise, et la respiration spécifique nous aide à maîtriser l’intensité. En répétant ces postures, on atteint les muscles profonds, ces fameux muscles « posturaux », pour une sensation de bien-être et de détente profonde. En une heure, on ne fait « que » cinq ou six postures… car on prend vraiment le temps !
Le Kung Fu Du aussi s’inscrit dans cette démarche, mais avec un twist : nous y appliquons les mêmes principes du Tai Chi, mais cette fois dans des mouvements rapides ! Pour cela, il faut un centre tonique, une respiration en cohérence avec un geste vif et précis, et une capacité de relâchement immédiat pour enchaîner les mouvements. La coordination, la précision et la fluidité deviennent alors essentielles pour maîtriser la rapidité.
Et la méditation Corps Conscient ? Elle nous ouvre à notre réalité intérieure, à l’écoute de nos sensations internes et externes. Ces compétences sont une aide précieuse pour intégrer les principes du Tai Chi et sentir pleinement ce qui se passe en nous.
Chacune de ces activités est une porte d’entrée unique pour s’entraîner à cette présence à soi
S’agiter tout doucement…
Au final, qu’il s’agisse de Tai Chi, de Stretching Postural, de Kung Fu Du ou de Méditation Corps Conscient, la recherche est la même : calmer l’agitation mentale pour trouver un mouvement centré. On passe d’une agitation souvent inconsciente à un mouvement plus enraciné, plus délibéré.
Dans un monde en perpétuelle effervescence, où tout va à cent à l’heure, et si on prenait le contre-pied ? Et si on s’offrait le luxe de s’agiter… tout doucement, pour (re)trouver notre propre rythme, celui d’une harmonie profonde ?
Jenny avec l’équipe des Quatre Piliers.

